De la « Malautière » aux « Battanoux »
La « Malautière » de Forcalquier apparaît dans les textes en 1126. En 1274, un prêtre ou chanoine de la cathédrale de Forcalquier y est attaché et y est nommé "perceptor de la malauterie". A la fin du XIIIe siècle, après l'échec des Croisades, le phénomène des pèlerinages en Terre Sainte se raréfie, la maladie régresse. On évoque encore l'hôpital de St Lazare en 1350, mais petit à petit les traces de la léproserie de Saint Lazare s’effacent.
Au XVe siècle, la plupart des maladières sont abandonnées, ruinées, oubliées. A l’exception de celles qui ont été richement dotées, en particulier dans les villes où le fruit des donations est inaliénable. Ces revenus, en terres la plupart du temps, sont dévolus à l'Église. C'est semble-t-il le cas à Forcalquier.
En 1516, Maître Fouquet de Lavertuet est ainsi perceptor de l'hôpital St Lazare de Forcalquier et doit trois florins par an à son évêque sur les revenus de la Maladière. Au XVIIe siècle la maison est reconstruite, sans doute au profit d'un chanoine, et agrandie ensuite au XVIIIe siècle.
La source continue de donner toute son importance au quartier Saint Lazare, où les femmes se retrouvent pour faire la lessive. En 1717, il figure ainsi au cadastre sous le nom « les Battanoux » ce qui semble vouloir dire les battoirs ou bien les foulons à draps, selon le dictionnaire de Mistral.
En 1787, St Lazare est « albergé », c'est à dire donné à bail à Antoine et Anne VIAL.